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Aucun signe d’amélioration du climat des affaires
21 décembre 2009
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Evolution conjoncturelle internationale
La période de forte contraction de l’activité semble toucher à sa fin au troisième trimestre 2009 et
les prévisions de croissance des grandes économies mondiales indiquent que la reprise s’affermit. Après cinq
trimestres consécutifs de baisse du produit intérieur brut, la zone euro enregistre une hausse de 0,4 % de
son PIB par rapport au trimestre précédent et le PIB américain en volume a augmenté de 2,8 % en termes
annualisés. La fin du processus de déstockage des entreprises relance la production et le commerce mondial,
tiré par certains pays émergents, renoue avec la croissance. Les anticipations en matière d’inflation à moyen
et long termes indiquent un retour à la hausse des prix mais à des rythmes contenus, respectant l’objectif
cible de la BCE « sous mais proche de 2% ». Néanmoins, la volatilité des statistiques souligne la vulnérabilité
de la reprise économique. Les taux de chômage des grandes économies demeurent à des niveaux élevés et
il subsiste un risque que la reprise s’essouffle quand les effets des politiques de relance, ponctuelles,
s’estomperont.
En termes de politique monétaire, les banques centrales ont laissé inchangés leurs principaux taux
directeurs à des niveaux particulièrement bas, entre 0 et 0,25 % pour la Réserve fédérale américaine, 1 %
pour la Banque centrale européenne et 0,1 % pour la Banque centrale du Japon. Afin d’appuyer les besoins
de liquidité du système bancaire, la Banque centrale européenne a lancé le 30 septembre 2009 une seconde
opération de refinancement à un an (sur les trois prévues pour l’année 2009), au taux de 1 %. Signe que le
marché interbancaire a retrouvé une certaine autonomie par rapport à la Banque centrale européenne, la
demande des banques, qui avait atteint 442 milliards lors de la première opération en juin dernier, a
fortement baissé dans le cadre de cette seconde intervention, le montant alloué en septembre s’établissant à 75 milliards d’euros. La plupart des grands établissements bancaires européens ont enregistré d’importants bénéfices au troisième trimestre grâce à la bonne tenue de leurs activités de banque de détail et au
dynamisme de leurs activités de banque de financement et d’investissement avec la forte reprise des
marchés financiers. Les banques françaises ont presque toutes initié le remboursement des prêts, de 19,8
milliards d’euros, consentis par l’Etat français par l’intermédiaire de la Société de prise de participation de
l’Etat en décembre 2008.
Du point de vue des marchés, les signaux de reprise se sont traduits par un rebond des grandes
places boursières et des cours mondiaux des matières premières. La faiblesse du dollar (dont la valeur n’a
cessé de se déprécier sur le troisième trimestre 2009, le cours euro/USD passant de 1,41 à 1,46) est pour
partie à l’origine de la hausse des prix des matières premières et en particulier des cours du pétrole et de
l’or, par un mécanisme de "carry trade" (les agents s’endettant massivement en dollar pour acquérir des
matières premières, contribuant à exercer une pression à la hausse sur leur cours). Le prix du baril de
pétrole a ainsi enregistré une augmentation notable : descendu à 60 USD en juillet, il s’établissait entre 70 et
75 USD courant octobre, avant d’atteindre près de 80 USD début novembre. Le cours de l’or a également
suivi cette tendance haussière, dépassant 1100 USD l’once en novembre.
Evolution conjoncturelle en Guadeloupe
A fin septembre 2009, l’activité des établissements de crédit intervenant dans le département est
mal orientée, laissant apparaître une nette répercussion de la morosité économique sur les comportements
financiers. Aucun signe d’amélioration du climat des affaires n’étant perceptible dans le département, le
ralentissement du marché du crédit, amorcé dès juin 2008, se prolonge tandis que la collecte des dépôts
commence à s’essouffler.
En termes annuels, le 3ème trimestre 2009 est notamment marqué par :
un recul de l’encours des crédits aux entreprises pour la première fois en dix ans ;
une nouvelle diminution des crédits à la consommation ;
un ralentissement de la croissance de l’encours des comptes à vue des agents,
contrastant avec deux trimestres consécutifs d’amélioration notable ;
Par ailleurs, pour la première fois sur longue période, les établissements de crédits non installés
localement sont les principaux contributeurs à l’évolution d’ensemble du marché du crédit, en Guadeloupe.
L’évolution des actifs financiers en Guadeloupe
Des signes d’essoufflement de l’encours des actifs financiers dans le département
Au 3ème trimestre 2009, l’encours des actifs financiers de la clientèle, particulièrement dynamique en juin,
montre des signes avant-coureurs d’essoufflement. A 6,11 milliards €, il augmente de 5,8 % sur un an, soit
un rythme légèrement inférieur à celui relevé au 2ème trimestre 2009 (+6 %). De surcroît, cette évolution
est, pour l’essentiel, portée par la collecte d’assurance-vie et de portefeuilles-titres, les autres catégories
d’actifs financiers affichant un net ralentissement en glissement annuel (-3,5 points pour les dépôts à vue et
2,2 points pour les placements liquides ou à court terme). Le dynamisme des placements financiers pourrait
s’expliquer par un effet prix, en lien avec la remontée de la Bourse depuis mars 2009.
En rythme trimestriel, le taux de croissance de l’encours reste très faible (+0,8 %, après +0,4 % en juin), en
raison essentiellement d’un recul des dépôts à vue (-1,8 %) et des comptes d’épargne à régime spécial
(-0,4 %).
Comptes à vue : coup de frein modéré après deux trimestres d’amélioration notable
L’embellie relevée depuis mars 2009 sur les comptes à vue
s’est interrompue au 3ème trimestre. Si l’encours
(2,03 milliards €) continue de croître en rythme annuel
(+7 %, soit +133,1 millions €), un ralentissement de
l’ordre de 3,5 points est enregistré par rapport au taux
observé en juin. En glissement trimestriel, l’encours
diminue de 1,8 % (-36,7 millions €).
Le ralentissement le plus brutal est subi par les
entreprises, qui maintiennent néanmoins une bonne
tenue de leurs comptes ordinaires créditeurs. Quoiqu’en
réduction de 2,9 points en trois mois, le taux de croissance
annuel de l’encours demeure en effet soutenu1 (+10,4 %
sur un an, soit +72,7 millions €), reflétant une répercussion, pour l’instant relativement modérée, du
tassement général du volume d’affaires sur la trésorerie des entreprises, en raison probablement d’un
ajustement de leurs charges d’exploitation. Le glissement annuel de l’encours relevé en septembre 2009
reste ainsi supérieur au rythme moyen de progression sur la période 2005-2009 (+7,4 %). En glissement
trimestriel, les tensions de trésorerie des entreprises sont davantage perceptibles, l’encours perdant 0,4 %
par rapport à juin 2009 (après +0,7 % au trimestre précédent).
Les ménages, principaux détenteurs de dépôts à vue (50,9 % du total), affichent également un
ralentissement de l’évolution annuelle de leurs liquidités. L’encours progresse de 5,3 % sur un an à fin
septembre 2009, après +6,8 % en juin. Le glissement trimestriel de l’encours se révèle même négatif
(-1,7 %), après trois trimestres consécutifs d’orientation favorable.
Epargne à court terme : ralentissement sur l’ensemble des placements
Pour le troisième trimestre consécutif, la croissance de
l’encours des placements liquides ou à court terme
(2,13 milliards €) ralentit. Sur un an, cette catégorie
d’actifs financiers progresse de seulement 2,2 %, soit
un rythme réduit, de nouveau, de moitié par rapport
au trimestre précédent (+4,4 %, après +8,8% en
mars) et le plus faible depuis 2004. En glissement
trimestriel, l’encours diminue légèrement (-0,1 %).
Outre la poursuite de la décollecte de dépôts à terme,
en phase avec la faiblesse des taux de rémunération,
l’épargne liquide se caractérise, à fin septembre 2009,
par un moindre intérêt des agents économiques pour les comptes d’épargne réglementée, contrastant avec
le pic du début d’année lié notamment aux campagnes commerciales relatives aux livrets A.
Très prisés par la clientèle jusqu’au troisième trimestre
2008 en raison du niveau relativement élevé des taux
d’intérêt à court terme1, les placements indexés sur
les taux de marché (747,2 millions €) enregistrent la
deuxième baisse consécutive, en rythme annuel.
L’encours, qui avait fortement ralenti en début d’année
2009, recule de 8,2 % sur un an, en raison notamment
de la faiblesse persistante de leur rémunération ; la
moyenne mensuelle du taux Eonia perd en effet
3,9 points entre septembre 2008 et septembre 2009
pour s’établir à 0,3564 %. Dans le détail, l’encours des
comptes à terme (51,6 % du total) subit une nette
diminution (-12,8 % sur un an, après -1,8 % en juin)
tandis que la collecte d’OPCVM monétaires bénéficie
d’une légère embellie (+0,6 % sur un an, contre -4,6 %
en juin).
Moyenne mensuelle du taux monétaire au jour le jour (EONIA)
L’impact positif de l’ouverture à la concurrence de la
distribution du livret A au 1er janvier 2009 sur la
collecte d’épargne s’est mécaniquement maintenu
en rythme annuel à fin septembre 2009. L’encours
d’épargne réglementée (1,38 milliard €) affiche
par conséquent une croissance soutenue (+8,8 %)
mais en ralentissement (-1,2 point par rapport à juin
2009).
Les effets de la révision, à la baisse, des taux de
rémunération de l’épargne réglementée intervenue
en février, mai puis août 20092, commencent en
effet à se manifester dans l’évolution des encours.
La quasi-totalité des placements subissent un
ralentissement de leur rythme de progression annuelle. Notamment, les encours des livrets ordinaires, des
livrets jeunes et des livrets de développement durable s’inscrivent en hausse de respectivement 3,9 %,
0,7 % et 7,9 %, contre +5,1 %, +2,5 % et +11,8 % en juin. En lien avec leur ouverture à la concurrence et
un niveau de rémunération légèrement supérieur aux conditions de marché, les livrets A et bleus affichent
un rythme de croissance encore soutenu (+18,2 % contre +19,7% en juin).
En glissement trimestriel, le désintérêt des agents pour les comptes d’épargne réglementée est davantage
perceptible. L’encours se réduit légèrement entre juin et septembre 2009 (-0,4 %, après +1,1 % en juin), se caractérisant par un repli de l’ensemble des catégorie de placements, à l’exception des livrets A et bleus,
stables.
Epargne longue : bonne orientation, à la faveur essentiellement de l’assurance-vie
Après le tassement observé tout au long de l’année 2008, principal reflet des conséquences de la crise
financière sur la collecte, l’épargne longue tend à retrouver un niveau de croissance soutenue à fin
septembre 2009. L’encours (1,95 milliard €) progresse de 8,8 % sur un an (contre +3,1 % en juin), soit un
rythme supérieur à la moyenne relevée entre 2005 et 2009 (+8,1 %).
L’épargne longue des ménages, qui représente 96,6 % du total, progresse de 9 % sur un an (+3,5 % en
juin). Cette performance est liée à une bonne tenue des portefeuilles titres (+25,4 %) et l’assurance-vie
(+13,7 %), les autres composantes de l’épargne longue s’inscrivant en recul sur la période sous revue.
L’assurance-vie (1,10 milliard €), premier produit d’épargne à long terme des ménages (58,5 % du total),
a retrouvé un niveau de croissance (+13,7 %) proche de celui enregistré en 2007, néanmoins inférieur au
taux moyen sur quatre ans (+21 %).
Le redressement de l’encours de portefeuilles-titres relevé en juin 2009 (+3 %) se poursuit à fin septembre.
L’encours des actions et obligations affiche une croissance très forte (+24,1 % sur un an), portée
notamment par la mise en place d’emprunts obligataires en milieu d’année. En revanche, le recul de
l’encours d’OPCVM non monétaires observée depuis le déclenchement de la crise financière, en 2007,
perdure ; l’encours perd 7,2 % sur un an (- 17,2 % en juin 2009).
L’encours des plans d’épargne logement (22,3 % du total) poursuit le recul continu entamé en 2006,
année marquée par la modification de leur fiscalité. Il se replie de 1,4 % sur un an, après -2,3 % en juin
2009.
L’évolution des passifs financiers en Guadeloupe
Fléchissement durable de la croissance annuelle des encours de crédits
A fin septembre 2009, l’encours sain de crédits s’établit à
6,56 milliards euros, demeurant stable sur trois mois
(+0,1 %).
En rythme annuel, l’encours, en ralentissement continu
depuis mi-2008 (cf. graphe ci-contre), affiche son plus faible
taux de croissance sur huit ans1 : +1,2 % (+78,2 millions €),
contre +3,8 % en juin 2009. En comparaison, la croissance
annuelle moyenne de l’encours sur la période 2005-2009
atteignait +7,1 %.
L’atonie de l’activité de crédit concerne aussi bien les
établissements de la place bancaire locale que ceux non
installés localement. Les premiers enregistrent un
ralentissement sévère de leurs encours depuis un an se
traduisant, à fin septembre 2009, par une croissance relative
proche de zéro (+0,6 %, soit +22,1 millions €, contre +3 %
en juin). Les seconds subissent une décélération brutale de
leur activité de crédit au troisième trimestre 2009 (-2,8
points de croissance annuelle) mais affichent néanmoins une
progression des encours plus dynamique que celle de la
place bancaire locale (+2,3 % sur un an, soit
+56,1 millions €). Les établissements non installés
localement apparaissent ainsi, pour la première fois sur longue période, comme les principaux contributeurs
à la hausse d’encours de crédits relevée dans le département (0,9 point contre 0,3 pour les établissements
locaux).
Mauvaise orientation des principaux segments de crédits, sur fond de conjoncture économique
dégradée
A l’exception du financement des collectivités locales, l’ensemble des segments de crédit enregistre une
évolution défavorable en rythme annuel. Dans une conjoncture économique qui peine à se redresser, les
encours relatifs à l’investissement et à la consommation s’inscrivent en baisse sur un an ; le financement de
l’habitat continue de ralentir.
L’encours des crédits d’investissement (entreprises et collectivités locales), dont le ralentissement
perdure depuis mars 2008, enregistre à fin septembre 2009 une diminution historique1 (-2,5 %, soit
48,4 millions € sur douze mois).
Face à la persistance de l’atonie de la demande des ménages, le segment des crédits à la consommation,
ne parvient pas à redémarrer. L’encours (y compris comptes ordinaires débiteurs) continue de diminuer au
troisième trimestre 2009 (- 2,4 %, soit -21,5 millions €, après - 1 % en juin et - 2,9 % en mars),
singulièrement sur le compartiment des prêts automobiles.
Tant du côté des entreprises que des ménages, le tassement du financement de l’habitat se poursuit,
l’encours enregistrant son plus faible taux de croissance annuelle depuis juin 2005 (+ 5,2 %, contre + 7,6 %
au 1er trimestre 2009 et + 8,1 % en moyenne sur quatre ans).
Enfin, le recul des crédits d’exploitation (entreprises et collectivités locales) s’est accentué au 3ème
trimestre (- 9,8 % contre - 6,3 % en juin), en lien avec un moindre recours des entreprises au découvert
bancaire.
Sur la dernière décennie, premier recul annuel de l’encours des crédits aux entreprises
Si, en dépit de la dégradation de la conjoncture économique, les crédits aux entreprises maintenaient un
rythme annuel de croissance positif, cette tendance s’est rompue au troisième trimestre. A 3,27 milliards €,
l’encours enregistre, à fin septembre 2009, sa première baisse annuelle sur dix ans (-1,1 %, soit
35,7 millions €, après une croissance modeste au deuxième trimestre). Sur trois mois, le repli s’établit à
0,4 % (soit - 13,7 millions €), après -0,9 % en juin et -1,4 % en mars).
Les incertitudes économiques ne favorisant pas les efforts
d’équipement de la part des entreprises, le segment des
crédits d’investissement (1,25 milliard €) souffre du
pessimisme des agents économiques. L’encours chute de
5,1 % (-66,6 milliards €) sur un an à fin septembre, après
avoir montré des signes d’essoufflement au cours des deux
trimestres précédents (cf. graphe ci-contre). Le maintien
d’un climat des affaires dégradé en Guadeloupe depuis
plusieurs mois conduit, en effet, la plupart des chefs
d’entreprises à limiter leur demande de financements aux
seuls besoins de renouvellement, afin d’éviter d’accentuer
la fragilité de leurs indicateurs d’exploitation.
Dans ce contexte, l’encours de crédits à l’équipement se
réduit de 3,6 % (-39,9 millions €) sur un an. L’effort
d’équipement des entrepreneurs individuels apparaît
notamment en berne depuis juin 2008, cette tendance s’accentuant au troisième trimestre 2009 ; l’encours
se replie de 9,8 % sur un an (-10,9 millions €), après avoir perdu 5,7 % à fin juin. Le crédit-bail,
particulièrement utilisé par les secteurs du commerce, de la location de véhicules et de l’immobilier, affiche,
de surcroît, une nouvelle baisse record en rythme annuel (- 11,9 % après - 10,4 % en juin 2009).
Les crédits à moyen et long termes et de crédit-bail déclarés au Service Central des Risques de la Banque de
France sur des entités de Guadeloupe (3,49 milliards €) confirment cette tendance au tassement de
l’investissement, avec une nouvelle décélération de leur croissance annuelle à fin septembre 2009 (+6,9 %,
soit +246,7 millions €, après +7,8 % en juin). L’hôtellerie-restauration, qui montre de légers signes de
redressement après une haute saison perturbée, et les « activités de services administratifs et de soutien »,qui comprennent notamment les entreprises de location de véhicules, apparaissent comme les secteurs les
moins disposés à investir ; leurs encours reculent de respectivement 18,3 % (-8,6 millions €) et 29,4 %
(-45,6 millions €) sur un an. Dans la construction, l’encours de crédit (moyen long terme et bail) ralentit
fortement, le glissement annuel passant de +15,1 % en juin à +6,9 % (+4,7 millions €) en septembre, en
lien avec une contraction significative de l’activité des entreprises du secteur et de faibles prévisions de
redémarrage malgré l’ouverture des chantiers annoncé dans le cadre du plan de relance de l’économie ;
l’immobilier connaît une évolution similaire, cependant moins brutale (+5,9 %, soit +73,3 millions €, après
+7,4 % en juin). La croissance des encours du commerce reste positive mais particulièrement contenue
(+0,8 %, soit +1,7 million €, après +1,3 %).
L’évolution des crédits immobiliers des entreprises (1,54 milliard €) traduit également l’attentisme des
agents. La croissance de l’encours tombe à +4,5 % (+66,8 millions €) à fin septembre 2009, contre une
progression annuelle moyenne de 7,3 % sur quatre ans. Notamment, en lien avec une demande en forte
chute, les encours de crédits portés par le secteur de la promotion immobilière sont en perte de vitesse.
Pour le quatrième trimestre consécutif, l’encours des crédits d’exploitation se contracte en glissement annuel
(-9,3 % ; - 46,1 millions €), traduisant un moindre recours des entreprises à l’endettement bancaire de court
terme grâce notamment à un ajustement de leurs charges d’exploitation. Le recours au découvert se réduit
ainsi considérablement, tant en rythme trimestriel (-8,7 % ; -16,1 millions €) que sur un an (-20,5 % ;
43,2 millions €). Parallèlement, la demande de crédits de trésorerie affiche une légère progression (+2,5 %,
soit+5,3 millions €, en glissement annuel à fin septembre), après un recul de 6,4 % en juin ; cette évolution
positive doit cependant être relativisée au regard d’une opération exceptionnelle effectuée par un
établissement de la place, sans laquelle l’encours des crédits de trésorerie aurait diminué de 6,1 %. Dans le
même temps, les encours d’affacturage et de créances commerciales continuent de se replier fortement
(respectivement -22,1 % et -4,2 % sur un an).
Parallèlement, le nombre de personnes morales en interdit bancaire (3 028 à fin octobre 2009) atteint un
maximum sur cinq ans d’observations.
Troisième trimestre consécutif de baisse des crédits à la consommation en rythme annuel
Le glissement annuel de l’encours sain des crédits en
faveur de la clientèle des ménages (2,45 milliards €)
ralentit pour le cinquième trimestre consécutif, pour
s’établir à 2,7 % (+65,2 millions €) à fin septembre
2009 (+3,9 % en juin). Sur la dernière décennie,
l’encours des crédits aux ménages n’avait jamais
connu une si faible augmentation. En glissement
trimestriel, l’encours progresse de 1,1 %
(+ 27 millions €), après +1,7% en juin.
Dans une conjoncture marquée par un recul de 3,5 %
des ventes de véhicules de tourisme neuf sur un an et
une morosité certaine du secteur du commerce1, la
contraction des crédits à la consommation persiste. L’encours (hors comptes ordinaires débiteurs) diminue
en rythme annuel pour le troisième trimestre consécutif (-3,1 %, soit -27,2 millions €, après -1,7 % en juin
et -3,6 % en mars). Sur la place bancaire locale, les établissements de crédit fortement implantés sur le
segment des prêts automobiles connaissent, plus que les autres, un repli de leur activité de crédit dans des
proportions significatives.
Le financement de l’immobilier des ménages demeure atone, les établissements de crédits de la place faisant
face à une nette réduction de la demande de crédit sur ce segment, par rapport à l’exercice 2008. Si les
attestations délivrées par le Consuel pour les logements montrent des signes de redressement de
l’investissement privé au troisième trimestre 2009, la croissance de l’encours des crédits à l’habitat sur un an
(+5,9 %, soit +87,4 millions €) reste, à fin septembre, nettement en deçà de l’évolution moyenne observée
sur les quatre dernières années (+9,8 %) et continue de ralentir (-1,1 point de croissance annuelle en trois
mois).
L’accroissement de la vulnérabilité de la clientèle des
ménages reste perceptible dans l’accélération du rythme
de croissance des comptes ordinaires débiteurs. Au
troisième trimestre 2009, l’encours affiche une hausse de
13,5 % sur un an, soit +5,7 millions € (contre +12,6 %
en juin et +10,1 % en mars), qui reste toutefois en deçà
du maximum relevé en décembre 2008 (+16,6 %).
Parallèlement, le nombre de personnes physiques en
interdit bancaire (23 512) augmente de 1,2 % sur un an
(+2,9 % à fin juin).
Amélioration perceptible de l’activité de crédit
aux collectivités locales
L’encours de crédits aux collectivités locales, détenu à
hauteur de 62 % par des établissements non installés localement, s’inscrit en marge de la tendance au
ralentissement, en augmentant de 2,3 %(+14,1 millions €) par rapport à septembre 2008, après un
glissement annuel de 1,5% en juin. Cette orientation favorable de l’activité de crédit aux collectivités locales
est exclusivement portée par le segment de l’investissement dont l’encours augmente de 3,1 % sur un an
(+1,8 % en juin).
Créances douteuses brutes : dégradation après quatre trimestres consécutifs d’amélioration
A fin septembre 2009, l’encours des créances douteuses brutes augmente de 3,7% (+21,9 millions €) après
avoir diminué régulièrement depuis septembre 2008. Le taux de créances douteuses brutes atteint ainsi
8,5 %, en hausse de 0,2 point sur un an.
La conjoncture bancaire et financière au quatrième trimestre 2009
Au regard des résultats de l’enquête de conjoncture menée par l’IEDOM auprès de la place bancaire
locale, l’activité bancaire ne devrait pas connaître d’amélioration significative au quatrième trimestre 2009,
les dirigeants des établissements de crédit n’anticipant, timidement, une embellie qu’à partir du 1er trimestre
2010.
Malgré l’effet saisonnier traditionnellement relevé en fin d’année, la collecte de dépôts ne devrait
enregistrer qu’un léger redressement par rapport au troisième trimestre 2009. Dès lors, les actifs financiers
des agents économiques pourraient afficher une véritable amélioration seulement au début de l’année 2010,
en dépit du contexte général de fragilisation économique ressentie par la place bancaire locale.
Sur le marché du crédit, la situation devrait s’améliorer à la clôture de l’exercice 2009, au moins sur
les segments de l’équipement et l’habitat. En revanche, le redressement serait moins évident s’agissant des
crédits à la consommation dont l’encours devrait, au mieux, stagner en fin d’année avant de retrouver une
croissance positive en 2010. Le compartiment durablement en berne demeure celui des crédits d’exploitation
aux entreprises, sans véritable perspective de croissance face à la morosité économique, dont les
établissements de crédit anticipent qu’elle pourrait se maintenir en début d’année 2010.
A l’exception du coût du risque, en forte dégradation en fin d’année 2009 du fait notamment des
tensions de trésorerie des entreprises, les indicateurs d’exploitation des établissements de crédit devraient
globalement se redresser au cours des deux trimestres prochains. Les recettes de commissionnement
devraient renouer avec une croissance positive après avoir enregistré de mauvaises performances sur les
neufs premiers mois de l’exercice et le PNB dégagé par les établissements de crédits locaux continuerait à
croître au moins jusqu’au début de l’année 2010. L’amélioration des charges d’exploitation, qui suffirait tout
juste à compenser l’accroissement du coût du risque, devrait permettre à la place bancaire locale, dans son
ensemble, d’afficher une légère progression de son résultat net en fin d’exercice 2009.
Source : IEDOM
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