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Les traditions
Croyances et religions
Croyances au surnaturel
Le modernisme ambiant, l’adhésion à la modernité , paraît s’accommoder sans problème de la présence des stands des étals de sorcellerie sur les marchés .Ainsi on peut voir sur le marché de Pointe à Pitre, parmi les fruits et les épices, des marchands un peu spéciaux vendre librement des philtres magiques, des baumes d’amour et divers opuscules de prières et de formules magiques pour tous usages. Les philtres magiques(pobans en créole) sont des breuvages aux noms enchanteurs : foin coupé, eau de victoire, eau homme fort, eau main puissante, eau de désenvoûtement, eau pa kité moin, chaîne des esprits commandeurs... Le recours à la médecine moderne n’empêche pas la foi en des thérapeutes d’un autre temps ;le « quimboiseur, mi-sorcier, mi-rebouteux, encore appelé gadé zafé, occupe toujours une place importante et est fréquemment consulté que ce soit pour des soins, des conseils ou des aides, ou pour jeter un sort. Un peu de surnaturel aide le quotidien et n’empêche pas d’aller à la messe. Tous ,blancs et noirs, riches et pauvres, vont chez le quimboiseur. On raconte que même des hommes politiques bien connus ont recours à leurs services lors des élections. [1]
Ici la magie se vit au quotidien. Le vaudou continue d’imprégner profondément les mentalités, pour preuve le goût des Guadeloupéens pour les bougies, veilleuses et autres lampes éternelles et la croyance en des lieux de manifestation magique comme les « quatre chemins »(carrefours) et les cimetières.
Les talismans, objets ou images préparés rituellement par des prêtres ou des quimboiseurs, sont ici fréquemment utilisés. Et comme disent les Guadeloupéens : « ayen pé ké rivé mwen, kar an tini on protègement »(rien ne m’arrivera car je porte une protection). La pratique du « protègement » s’étend même aux voitures , bénédiction du prêtre ou pratique magique du gadé zafé les protège de tout accident.
La croyance aux esprits surnaturels n’a pas complètement disparu. On se méfie des poules noires attachées par les pattes, des crapauds "cadenassés ", du soucougnan qui vole dans les airs pour accomplir son méfait, du morphoisé qui se transforme en animal, du dorlis qui visite les endormies et abuse d’elles et surtout des esprits des morts, les zombis. [2] Il existe de nombreuses prières pour conjurer le dorlis : prière de Saint Athanase pour conjurer les esprits impurs possesseurs, prière de Saint Marcoul contre les rêves et cauchemars. Longtemps les pêcheurs ne partaient pas de nuit , car ils craignaient de tomber aux mains des « mamans dlo », des espèces de sirènes qu’ils imaginaient chevauchant des tortues et entraînant leurs victimes au fond de l’eau.
Parmi les pratiques magico-religieuses, la neuvaine est une succession de prières pour obtenir une grâce en amour(neuvaine de Sainte Anne), en argent et santé(neuvaine de Saint Antoine de Padoue),en travail(neuvaine de Saint Georges). Les prières sont dites à genoux, en présence d’une bougie allumée, à heures fixes pendant 9 jours. Il y a aussi le rituel du bain-démarré afin de s’attirer toutes les chances pour la nouvelle année. Le rituel commence à minuit le soir du 31 décembre par une baignade dans la mer ou à l’embouchure d’une rivière. Au cours de la seconde phase il faut se frotter le corps avec une queue de morue pour se débarrasser des mauvaises influences de l’année écoulée. Le rituel s’achève par le bain de feuillages pratiqué de retour à la maison.
Croyances et pratiques religieuses - Les Fêtes religieuses
la Toussaint
Le soir de la Toussaint ,parents et amis se rendent au cimetière et allument des milliers de cierges et de bougies afin d’éclairer les défunts qu’ils viennent veiller.
Noël
La veillée du 24 décembre est une des plus belles et des plus gaies de l’année, elle est en même temps festive et pleine de ferveur. Les familles se regroupent pour chanter, manger et danser Les rythmes créoles donnent aux chants religieux un accent très particulier. Les cantiques traditionnels ont en effet pris en Guadeloupe des airs de valses, de mazouks ou de biguine, même si les paroles sont strictement respectés.
Pâques
Pâques est une fête particulièrement respectée en Guadeloupe et dure 3 jours .Le Vendredi Saint, de longues processions se déroulent en direction des calvaires. Ici, comme dans tout le monde chrétien, les cloches ne sonnent pas en signe de deuil, mais ce qui est très particulier c’est l’instrument utilisé pour appeler les fidèles aux vêpres, c’est le rara, un instrument en bois qu’on fait tourner à l’aide d’un bâtonnet.
La tradition du Samedi Saint, appelé samedi Gloria, s’est aujourd’hui perdue, mais autrefois , au réveil des cloches, les fidèles se jetaient à l’eau ou se lavaient le visage, et chacun arrosait sa maison pour avoir de la chance toute l’année.
Le lundi de pâques reste la journée de réjouissances par excellence. Famille et amis se retrouvent au bord de l’eau, à la plage ou à la rivière, pour se baigner, jouer de la musique, déguster le punch et le matoutou de crabes, un délicieux mélange de riz et de crabes de terre.
Les Fêtes patronales
Chaque année, les communes célèbrent les Saints de leurs églises au rythme des tambours accompagnant des grangé manioc, des laghias, des toumblacks, des tombé lévé et autres danses des campagnes. Messe et processions sont de rigueur, mais le charme de ces fêtes réside dans les buvettes décorées de guirlandes et de madras où l’assemblée se retrouve pour déguster accras, boudins chauds, morue frite ou colombos arrosés de rhum.
La fête patronale a lieu le dimanche suivant le fête du Saint patron local, ainsi à Morne à l’Eau le 30 novembre, aux Abymes le 8 décembre, au Moule le 24 juin, à Basse-Terre le 16 juillet, à Pointe- Noire le 15 août, à Gosier le 25 août...
Les cérémonies hindoues
Même christianisée, la communauté hindoue a conservé un certain nombre de rites sacrificiels(poules, cabris , moutons)dédiés à la déesse Mayinmin. Des prêtres initiés entrent en transe et peuvent danser pieds nus sur le tranchant d’une machette portée par deux hommes.
[1] Pour en savoir davantage sur le pouvoir des quimboiseurs, et éventuellement découvrir une série de recettes assez inquiétantes, on peut toujours consulter l’ouvrage de Revert, « La magie antillaise », Bellenand, 1951.
[2] Le mythe du dorlis est au cœur du livre à succès du poète guadeloupéen Ernest Pépin, « L’homme au bâton », Gallimard, 1992.
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