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Basse-Terre
La côte « au vent »
La nationale 1 relie Pointe- à- Pitre à Basse-Terre.Passé la Rivière Salée, la côte borde le Petit-Cul-de -Sac marin. Les champs de canne sont encore présents mais on voit qu’ils sont peu à peu remplacés par les bananeraies. Comme sur la côte ouest, l’amateur de botanique, l’amoureux de la nature ou le simple curieux sont ici comblés : dans les environs proches de Petit-Bourg, le domaine de Valombreuse expose dans un parc de 5 ha plus de 300 espèces végétales tropicales, dont une très rare qu’est le palmier triangle. Près de Sainte-Marie, la pépinière de l’IFAT( Institut des Fruits et Légumes Tropicaux) se consacrent à la culture de fruits, légumes et arbustes de la Guadeloupe, le sol étant ici particulièrement fertile. Deux distilleries rappellent la tradition cannière de la région et accueillent les amateurs de rhum : la distillerie Montebello près de Petit-Bourg et la distillerie Longueteau près de Sainte-Marie , cette dernière est une ancienne sucrerie convertie en distillerie pour raison économique. On peut encore, entre Goyave et Capesterre, voir des morceaux de voies ferrées et une pile de viaduc à Doyon qui évoquent le temps où la région vivait de la production de canne et que le chemin de fer qui la traversait avait été construit pour gagner du temps en apportant la canne, très rapidement , depuis les champs jusqu’à l’usine du Marquisat à Capesterre où elle était traitée .
Depuis la région s’est tournée vers la culture de la banane. On ne peut manquer de découvrir la bananeraie de l’habitation Grand Café Belair à proximité de sainte Marie. Le domaine , qui couvre 30 ha, se visite en tracteur et canne-loader(charrette tirée par un tracteur). Des explications sur la plante et sa croissance, on retiendra que la banane n’est pas un arbre mais une herbe, que dès qu’il a donné son fruit le bananier meurt pour mieux repousser à côté de la souche-mère, qu’il existe de nombreuses variétés de banane dont certaines sont en Guadeloupe utilisées comme légume, telle la banane plantain et le poyo( banane verte), que certaines ont des noms imagés et même coquins( Waille maman, Suivez-moi jeune homme).
La zone côtière, de Petit-Bourg à Trois-Rivières, est une des régions agricoles les plus riches de l’île dont Capesterre est le cœur. En dehors de la banane, sont ici cultivés la canne à sucre, bien sûr, et l’ananas , à côté de cultures vivrières et d cultures de fleurs (anthurium, alpinias, héliconias).
Petit-Bourg
Cette ville située à 15 mn de Pointe- à- Pitre est devenue une zone résidentielle ayant retrouvé, grâce à la voie rapide qui le contourne sa sérénité d’antan. Depuis le front de mer de ce bourg plein de charme, on profite d’un très beau point de vue sur le Petit- Cul- de Sac marin, Pointe à pitre et la Grande-Terre. La Trace Victor- Hugues, qui débute non loin de là ,permet aux bons marcheurs d’effectuer 25 km dans le massif jusqu’aux pieds de la Soufrière.
Goyave
Ce bourg de 5000 habitants doit sa « célébrité » au poète Francis James dont le grand père fut autrefois maire. Sa superbe plage de Sainte Claire avec son sable gris invite à goûter à la douceur de vivre alors que les sportifs peuvent toujours chausser leurs baskets pour une marche de trois heures qui les conduira aux chutes de Moreau.
La route entre Goyave et Sainte-Marie offre le magnifique spectacle des Ravenala déployant leurs feuilles en de majestueux éventails. Ce très bel arbre, originaire de Madagascar, est plus connu sous le nom d’arbre du voyageur, car l’eau de pluie qu’il recueille à la base de ses grands pétioles foliaires désaltérait jadis les voyageurs assoiffés par le soleil et la poussière des chemins.
Capesterre- Belle -Eau
Cette ville de près de 20000 habitants est au cœur d’une des plus grandes régions agricoles de l’île, où domine quand même la culture de la banane.
Deux interprétations diffèrent quand à l’origine du nom. Selon certains, il viendrait de « Cap à terre », l’ordre donné par Christophe Colomb avant d’aborder la terre guadeloupéenne. Pour d’autres, c’est le nom donné par les Européens aux côtes orientales des Antilles, celles qui sont face au vent, et qui signifierait « tête de terre » .
La majestueuse allée Dumanoir fait la réputation de la ville, elle doit son nom à l’écrivain Pinel Dumanoir qui , au 19eme siècle , fit planter , à la sortie de la ville, une double rangée de palmiers royaux le long de la route. [1]
Au nord de Capesterre, un détour par le village de Sainte- Marie s’impose. C‘est sur ces rivages, le 4 novembre 1493, que débarquèrent les marins de Christophe Colomb. Pour certains ce site est véritablement un site historique, pour d’autres c’est un lieu choisi symboliquement. Quoi qu’il en soit , ce lieu commémore l’exploit de l’illustre navigateur. Un buste de Christophe Colomb , juché sur une colonne, se dresse face à la mer.
Toujours à quelques kilomètres au nord de Capesterre, se trouve le temple hindou de Changy qui témoigne de l’importance de la communauté indienne en Guadeloupe . ce sont les descendants des engagés que les propriétaires firent venir d’Inde méridionale après l’abolition de l’esclavage. Parfaitement intégrés dans la société guadeloupéenne, ces Indiens ont néanmoins conservé leurs coutumes et traditions.
Non loin de là se trouve le plus vieux gallodrome, ou pitt à coqs, de la région, où ont lieu de novembre à mai les combats de coqs. Pendant la saison, une vingtaine de combats ,faisant l’objet de paris , ont lieu dans la journée, dans une ambiance surchauffée.
Trois Rivières
A 8 km au sud de Capesterre, Trois Rivières est un bourg agricole de 10000 habitants qui présente un réel intérêt architectural. On peut y admirer de vielles maisons en bois et bâtisses typiques de l’architecture de la Basse-Terre. C’est de là qu’on peut embarquer pour les Saintes, distantes de 14 km. Trois Rivières serait le plus ancien lieu de peuplement de l’île, comme l’atteste le Parc archéologique des Roches Gravées. Le site, classé monument historique, permet de découvrir la civilisation précolombienne( 400 après JC), grâce aux panneaux explicatifs du bâtiment d’exposition. De nombreux rochers gravés par les Arawaks constituent toujours un mystère pour les chercheurs qui n’ont pas cessé d’en interroger le sens . La promenade dans le site permet aussi d’observer un grand nombre de plantes dont les Arawaks faisaient usage.
[1] C’est Dumanoir qui a traduit le célèbre roman contre l’esclavage, La case de l’oncle Tom, écrit par l’américaine Harriet Beecher-Stowe.
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