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Basse-Terre
La côte « sous le vent »
La nationale 2 , à la sortie de Baie- Mahaut, permet de rallier Basse-Terre par la côte « sous le vent ». C’est le long de cette côte, sur le territoire de la commune de Sainte-Rose, que s’installèrent les premiers colons , ce qui fait de la Basse-Terre la Guadeloupe « proprement dite », du moins pour certains. C’est donc une région riche d’histoire que traverse cette route, une région où la canne à sucre est omniprésente.
Les baies qui se succèdent de Baie-Mahault à Lamentin gardent le souvenir des flibustiers qui opéraient dans les parages et qui trouvaient, au creux de ces baies, des mouillages bien abrités pour leurs navires. Ancien village de pêcheurs, Baie-Mahault est aujourd’hui une grande agglomération qui comprend la zone industrielle de Jarry, la ville n’a pas un grand intérêt touristique, son petit port de pêche a néanmoins beaucoup de charme.
De Lamentin à Sainte-Rose, la côte est toute en plis et replis ; baies, caps, pointes et anses regorgent de récifs, de coraux et de cayes qu font de la mer un paradis pour les chasseurs sous-marins. Se succèdent ensuite de nombreuses plages agréables et peu fréquentées qui invitent au farniente , la baignade y est possible mais il faut être prudent car on y perd pied très vite et les vagues y sont fortes.
La route pénètre dans une région agricole essentiellement cannière où les traditions sont restées très fortes. C’est l’occasion de visiter une distillerie traditionnelle au domaine de Séverin., qui pratique par ailleurs l’élevage de ouassous, les fameuses crevettes d’eau douce. Le Musée du Rhum est un autre exemple de la diversification des activités que pratiquent les rhumiers. L’autre attrait est de mettre ses pas dans ceux des contrebandiers des 18eme et 19eme siècles, en prenant le sentier, appelé Trace des contrebandiers, que ceux-ci utilisaient pour commercer avec les Anglais et les Hollandais.
Sainte-Rose
Sainte-Rose (17500 habitants) est réputé pour ses pêcheurs qui tôt le matin vendent leur poisson à même les bateaux et pour l’animation et le pittoresque de son marché. Ce petit port de pêche ,abrité par un chapelet d’îlets à mangrove, est un bourg typique et coloré qui a conservé ses cases de ville bordant ses rues étroites. Dans les alentours, sur la route de Sofaïa, le Jardin créole initie le visiteur à la connaissance des plantes traditionnelles guadeloupéennes et à la pratique de quelques gestes ancestraux : râper le manioc, faire du chocolat avec du cacao...toujours avec ce souci de mettre en valeur un patrimoine et de partager savoir et savoir-faire.
Mais l’intérêt principal de Sainte-Rose est d’être, avec Morne-Rouge, le port d’embarquement pour une excursion en bateau ou en kayak vers le côté ouest de la réserve du Grand-Cul-de-Sac marin. Cette réserve englobe un territoire s’étendant de Sainte-Rose en Basse-Terre à Morne-à -l’eau en Grande-Terre.
Ce conservatoire naturel, qui est aussi un terrain de recherche scientifique, est né en 1987, à l’initiative et sous le patronage du Parc National de Guadeloupe. Il abrite la flore et la faune de trois écosystèmes (lagon, mangrove et forêt marécageuse), il a pour projet, entre autre, de réintroduire le lamentin, un mammifère marin proche du phoque, disparu du Grand-Cul-de-Sac marin au début du 19eme siècle.
Après la réserve marine, la Montagne aux orchidées émerveille les curieux et attire les botanistes .C’est un parc floral de 3 ha où on peut admirer toutes les espèces d’orchidées, mais aussi d’autres essences rares.
Deshaies
Deshaies s’abrite derrière la Pointe du Gros Morne où commence la côte « sous le vent ». Grâce à sa superbe plage de sable blond la plage de la Grande Anse, qui s’étend sur 1 km, ce petit bourg de pêche est devenu une station balnéaire à la mode , d’autant que c’est un des plus typiques de l’île : modestes cases alignées le long du rivage, barques multicolores, ses épiceries à l’ancienne, les « lolos ». Dans la campagne alentour s’étendent les champs d’anthurium ; cultivé ici, il est ensuite acheminé à l’aéroport de Pointe-à Pitre d’où il sera exporté vers l’Europe et les Etats-Unis.
Pointe-Noire
Avec ses maisons créoles typiques en bois, Pointe-Noire a le même charme et la même authenticité que Deshaies mais le bourg a aussi un passé industrieux, comme en témoigne la Maison du Bois installé alentour. Alors que les autres régions ont basé leur économie sur l’agriculture(culture de la canne à sucre, de la banane, vanille, café ou cacao), Point-Noire s’est, de tout temps orienté vers une économie forestière et est devenu la capitale du bois de la Guadeloupe. Les activités concernent tous les secteurs de l’industrie du bois .Ce sont les scieurs de long(qui sciaient les troncs et les débitaient en planches)et autres artisans du bois(charpentiers, menuisiers...) qui ont fait la réputation de Pointe-Noire. Riche de ses traditions, le bourg s’est, aujourd’hui, orienté vers l’écotourisme, la Maison du Cacao, la caféière Beauséjour et la Casa Vanille ont pour vocation de faire découvrir les cultures traditionnelles dans leur cadre d’origine. On apprend ainsi que la vanille est une liane que les planteurs font pousser sur les cacaoyers ou les caféiers des plantations.
Bouillante
Le sable des plages devient plus sombre car il est à présent d’origine volcanique, la plus célèbre plage de sable noire est la plage de Malendure. L’économie de la région est orientée vers le tourisme. La création d’une réserve marine , appelée réserve Cousteau, a fait de Malendure une des zones touristiques les plus recherchées de la région et le paradis des plongeurs. Les fonds marins sont ici particulièrement riches en flore et en faune et sont accessibles à tous :de la plongée sous-marine avec bouteille pour les plongeurs expérimentés à la promenade en bateau à fond de verre. Et même, plonger dans la réserve est une expérience que chacun peut pratiquer sans danger quelque soit son niveau, car c’est une possibilité qu’offrent les nombreux clubs de plongée de la réserve.
Bouillante, 7300 habitants, a été fondée en 1645.La ville doit son nom aux sources d’eau chaude et aux geysers qui jaillissent dans les environs sur terre comme sur mer. C’est ici que se manifeste le mieux l’activité de cette île volcanique qu’est la Basse-Terre. Dès 1960, la Guadeloupe projette de domestiquer la formidable énergie thermale « dormant » dans les profondeurs de l’île. Les premiers forages font jaillir un jet de vapeur de 200 m de haut. La première usine géothermique française est construite en 1986.Elle fournit pour l’instant environ 4 % de l’énergie électrique du département mais elle a un potentiel bien supérieur.
Les plages abritées dans les anses(Petite anse, Anse à la Barque) sont très accueillantes malgré leur sable noir, . Ici le dépaysement est total, Le paysage est sombre, volcanique, le littoral est dominé par la forêt dense couvrant les pentes proches du massif de la Soufrière, creusées de coulées vert clair indiquant les zones de culture.
Vieux-Habitants
Ici, on a cultivé et on cultive encore, bien qu’à un échelon moindre, le café. Deux « institutions » rappellent que cette culture fut une activité agricole importante de la région : le Musée du Café, qui est par ailleurs le siège des cafés Chaulet, et l’habitation caféière de la Grivelière. Le domaine de la Grivelière est une superbe caféière du 18eme siècle classée monument historique qui a été récemment restaurée par la Région. Le visiteur découvre ce qu’était une caféière à cette époque, avec sa maison de maître, son moulin à eau, ses terrasses à café et ses champs de caféiers, avec aussi les cases des esclaves. Le sentier de découverte lui permet de comprendre les différentes étapes de la fabrication du café.
Le bourg est la plus ancienne commune guadeloupéenne. Il a été fondé en1636 par les premiers engagés au terme du contrat qui les liait pour trois ans à la Compagnie des Iles d’Amérique. On peut y admirer la plus vieille église de Guadeloupe construite en pierres volcaniques.
Les pétroglyphes, roches gravées ,qui se trouvent à proximité de la rivière Du Plessis, rappellent que ce site fut occupé par les Indiens Arawaks entre le 1er et le 7eme siècle de notre ère.
Les cases d’esclaves qu’on peut encore voir dans certaines plantations rappellent d’autres réalités, celles sur lesquelles s’est construite l’histoire de la Guadeloupe. L’attachement aux traditions cohabite avec la modernité comme en témoigne l’exploitation des ressources naturelles(réserves sous-marines par exemple)et la mise en valeur du patrimoine culturelle(initiation à un savoir-faire, par exemple).
La côte ouest de la Basse-terre est une région riche d’histoire et de traditions. Tout ici témoigne d’un passé colonial qui assura la prospérité de l’île et au cours duquel se développèrent de colossales fortunes. L’attachement aux traditions cohabite avec la modernité comme en témoigne l’exploitation des ressources naturelles(réserves sous-marines par exemple)et la mise en valeur du patrimoine culturelle(initiation à un savoir-faire, par exemple).
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